Pour les trois saisons à venir, nous avons fait le choix d’associer deux artistes au théâtre. Associer des artistes, c’est ouvrir un dialogue privilégié avec des compagnies en les accompagnant dans leurs futures créations et partager avec elles·eux le quotidien de la vie du théâtre.
Jusqu’à la saison 28-29, le Théâtre Koltès sera donc le camp de base de Suzie Baret-Fabry et David Wahl.
Venez à leur rencontre dès la rentrée !
Suzie Baret-Fabry – Compagnie Zia
« C’est ici, au cœur du campus du Saulcy, que je suis invitée à écrire les futurs avec les artistes, le public et les équipes du Théâtre Bernard-Marie Koltès. Un lieu de recherche, de réflexion, d’éducation et de rencontres où s’agitent nos consciences sociales et politiques, ce n’est pas anodin. Depuis 5 ans, avec la Compagnie Zia, j’initie des créations de théâtre musical en m’emparant de sujets sociétaux qui m’interrogent, m’animent et m’obsèdent. Avec L’apprentissage, j’ai passé deux ans au sein d’un centre de réadaptation afin de mieux appréhender le système médical avant de retranscrire mes observations par les moyens du théâtre. Entourée d’artistes et technicien.nes créateur.ices, ma recherche consiste à faire dialoguer écritures théâtrales et musique live sur un même fil dramaturgique pour que le sens nous parvienne par les sens. Entre éthique et esthétique de la récupération de matériaux, mes mises en scène proposent des espaces oniriques et ludiques où se (dé)composent des symphonies foutraques qui déplacent le réel pour voir plus large. Jongler avec le poétique tout autant que l’absurde et venir murmurer à nos oreilles, qu’ensemble, nos utopies peuvent prendre corps. Ma prochaine création, Bruits de couloirs aura pour objet les notions de (dés)obéissance, de dynamique de groupe et de notre pouvoir d’agir en tant qu’individu au sein de la société. Parce que nos futurs se construisent maintenant, parce qu’il n’y a jamais eu que des « maintenant ». A nous de jouer. »
David Wahl
« Cette année, je viens poser ma baignoire au Théâtre Bernard-Marie Koltès.
On y enquêtera joyeusement sur les sirènes. Peut-être même que parviendrais-je à en devenir une, tout du moins une sirène… d’un nouveau genre. Mon spectacle L’Homme-Poisson, c’est une ode à l’océan, un questionnement sur notre identité aquatique, une exploration du poisson que nous sommes restés malgré notre adaptation terrestre. Bref une déclaration d’amour et d’humour à l’eau. Mon plaisir ? Vous entrainer avec moi dans mes recherches. Explorer avec vous le monde qui nous entoure. Certes il est bien qu’abîmé, mais il reste fascinant, pour qui sait bien le contempler. Je travaille avec des scientifiques, des chercheurs. Leurs découvertes m’émerveillent. Elles nourrissent mon inspiration poétique et mes métamorphoses scéniques. Elles m’étonnent, m’amusent, me rendent espoir, me font comprendre le monde autrement. Surtout, elles me donnent l’envie d’avenir. Et ça c’est très important, surtout en ce moment. A l’heure des grandes décisions politiques et personnelles. Malgré les mauvaises nouvelles, on doit continuer de rêver et d’agir, de proposer de nouveaux horizons, de nouvelles utopies qui nous entrainent à penser la suite de notre Histoire, plutôt que de nous coincer dans la fin de l’Histoire. La culture, les récits, le théâtre nous offrent ce pouvoir. Toucher aux affects, planter des graines, ouvrir de nouveaux chemins impensés, créer de la réconciliation.
Le Théâtre BM Koltès, Baptiste Girard et son équipe m’ont fait l’honneur de m’associer au théâtre durant trois saisons. Nous allons en passer du temps ensemble
Alors je vous donne rendez-vous en mars, dans ma baignoire. Elle est grande, venez nombreux.»